La Vérité

est un film franco-italien d’Henri-Georges Clouzot sorti en 1960.

Dominique Marceau, une séduisante jeune femme, est jugée en assises pour le meurtre de son amant Gilbert Tellier. Au cours des audiences, le véritable visage de l’accusée se dessine peu à peu.
Gilbert, un jeune chef d’orchestre, promis à sa sœur Annie, violoniste, tombe amoureux de Dominique. C’est la première fois qu’elle se sent amoureuse. Néanmoins cela devient aussi pour elle un engagement trop important pour sa jeunesse instable. On lui reprochera ses mœurs légères durant le procès.
C’est pour Gilbert la révélation d’une passion dévorante, mais trop possessive pour Dominique. Pour Annie c’est un drame. Dominique, cependant, trompe Gilbert pour se venger après qu’il l’a quittée en croyant qu’elle l’avait préalablement trompé.
Ce dernier retourne auprès d’Annie et se fiance avec elle. Dominique sombre dans la dépression en apprenant la nouvelle. Elle tente alors de revoir Gilbert. Gilbert aura encore une dernière aventure, secrète et fugace avec Dominique, mais lui dira au matin qu’il n’est plus amoureux. Dominique, dépressive, se trouve un pistolet pour éventuellement se suicider. Des semaines plus tard, Dominique, encore amoureuse, vient au domicile de Gilbert.
Alors qu’elle vient menacer de se suicider devant lui, il la repousse avec une grande violence verbale, elle le tue spontanément. Elle cherche immédiatement à se suicider, mais sans effet, ayant vidé son chargeur dans la fureur de son acte. Elle tente alors de se suicider au gaz. Sauvée in extremis, elle passe devant les assises pour meurtre.

La fiche technique

Réalisation : Henri-Georges Clouzot / Scénario, adaptation et dialogues : Henri-Georges Clouzot, Véra Clouzot, Simone Drieu, Jérôme Géronimi (Jean Clouzot), Michèle Perrein, Christiane Rochefort

La distribution

Brigitte Bardot : Dominique Marceau / Sami Frey : Gilbert Tellier / Charles Vanel : Me Guérin, avocat de la défense / Paul Meurisse : Me Eparvier, avocat de la partie civile / Louis Seigner : Le président de la cour d’assises / Marie-José Nat : Annie Marceau, sœur de Dominique / André Oumansky: Ludovic Toussaint, patron du “Spoutnik” / Jacques Perrin : Jérôme Lamy, ami de Michel Delaunay / Claude Berri : Georges, ami de Michel Delaunay / Jacqueline Porel : L’assistante de M° Guérin / Fernand Ledoux : Dr. De Gérard, le médecin légiste / Louis Arbessier: Le professeur au conservatoire / Colette Castel : L’ avocate de la défense / Guy Tréjean : Le médecin lors du suicide de Dominique / Jackie Sardou : Mme Gaubert, la concierge / Hubert de Lapparent : Le greffier du tribunal / Jacques Marin : Le conducteur de bus

Autour du film

• Clouzot a déclaré avoir eu l’idée du scénario après avoir assisté à différents procès d’assises. Le film est notamment l’adaptation d’un fait divers bien réel, l’histoire de Pauline Dubuisson, jugée en 1953 pour le meurtre de son ex-fiancé Félix Bailly, qu’elle a tué après qu’il a rompu avec elle et s’est fiancé avec une autre jeune femme. Si Pauline Dubuisson avait quelques traits communs avec le personnage du film, notamment les mœurs légères, ce n’était pas la jeune femme oisive du film, Pauline Dubuisson était en effet étudiante en médecine. Le réalisateur a, par ailleurs, écarté l’épreuve vécue à 18 ans par Pauline Dubuisson, victime des règlements de compte de la Libération, tondue et violée pour avoir été la maîtresse d’un médecin-colonel allemand. Quand sort le film en 1960, Pauline Dubuisson est sortie de prison et tente de reprendre ses études à Paris. La sortie du film est un drame pour elle qui aspire à l’oubli. Elle part exercer comme interne à Essaouira au Maroc. Pauline Dubuisson s’est suicidée en 1963 au Maroc après avoir eu un projet de mariage avec un Français.
• La Vérité fut le révélateur du talent de tragédienne de Brigitte Bardot. Sa prestation a été soulignée unanimement par la critique.
• Brigitte Bardot et Sami Frey vécurent une histoire d’amour après le film.
• Henri-Georges Clouzot, connu pour sa grande dureté, sa misogynie et sa technique consistant à pousser à bout nerveusement les actrices de ses films, poussa tellement Brigitte Bardot à « cracher ses tripes », que cette dernière, trop imprégnée de son personnage bien après la fin du tournage, commit une tentative de suicide, comme Dominique à la fin du film.

Réception par la critique

J. de Baroncelli pour Le Monde écrit : « Un scénario dont l’architecture est un modèle d’ingéniosité et de précision, une mise en scène qui ne laisse pas l’ombre d’une chance au hasard, une interprétation dirigée de main de maître, voilà ce que nous offre La Vérité. »